voici quelques faits.
Après ça serait quoi l'idée de faire un reportage sur la proportion qui "va bien"?
Par exemple quand on crie au feminicide on parle pas de la plupart de femmes qui n'ont pas été victimes de feminicide on parle de la minorité.
Tu ne penses pas que c'est nécessaire de parler de féminicides qui sont à la hausse et de se demander pourquoi? Même chose pour la violence conjugale, etc. Si il y a une tendence, ça veut dire qu'il y a un problème de société qui doit être réglé. Et sans le vouloir tu mets le doigt sur quelque chose d'important. C'est pas l'industrie en tant que tel le problème, c'est les lois, les valeurs de la société qui changent de façon négative, certaines dynamiques qui blessent les femmes, etc. Ça affecte directement l'industrie parce que nos clients sont des hommes, nous sommes des femmes, et c'est un contexte intime. En traitant les femmes qui ont été victime de violence, d'exploitation ou de traffic humain de menteuses et en les envoyant chier, on ne règle pas le problème non plus.
La violence n'est pas ''normale'' mais il faut vraiment se mettre la tête dans le sable pour croire qu'il n'y en a pas dans cette industrie. Même une personne qui aime faire ce métier peut avoir déjà vécu de la violence, ou peut ne pas aimer certains aspects du travail, ou ne pas vouloir travailler pour une agence ou un salon pour certaines raisons. La stigmatisation ne s'en va pas quand quelqu'un fait un portrait idyllique du métier, on va comprendre qu'elle est un cas exceptionnel. Il y a déjà une mauvaise images des femmes qui ont une sexualité active en société. J'ai souvent l'impression que même beaucoup de clients n'ont pas une très bonne opinion de nous.
Pour notre branding c'est pas idéal d'apporter des côtés négatifs. À chaque fois qu'on critique l'industrie, on risque de perdre des clients ou de la crédibilité. On peut perdre notre emploi. C'est une business après tout.. C'est difficile d'obtenir des témoignages nuancés pour ces journalistes, surtout par des personnes qui travaillent encore.




